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BIOGRAPHIE DU LIBERTADOR
Libérateur, militaire, homme d'Etat, écrivain et président de la République. Simón José Antonio de la Santísima Trinidad Bolívar, fils de Juan Vicente Bolívar et de María Concepción Palacios y Sojo. Il perdit son père à l'âge de trois ans et sa mère à neuf ans. Il demeura quelque temps à la charge de son grand-père Feliciano Palacios et de ses oncles et tantes paternels.
Malgré la richesse de sa famille il ne reçut jamais une éducation systématique. Parmi ses maîtres occasionnels, on trouve Simón Rofríguez et le célèbrissime pédagogue Andrés Bello. En 1799 il partit pour l'Espagne où il étudia les mathématiques, les langues étrangères, la danse, l'équitation et l'histoire. Il épousa là-bas María Teresa del Toro le 26 mai 1802, et cette même année rentra au Venezuela. Son épouse décéda huit mois plus tard, à Caracas. Il repartit pour l'Europe (1803-1806) où il retrouva son maître Simón Rodríguez, avec lequel il voyagea en Italie. De retour à Caracas, il adhéra à la Junte Patriotique et en 1809 se fit nommer chef de la délégation que le nouveau gouvernement envoya à Londres et dont la mission échoua.
Une fois débutées les luttes pour l'indépendance, il combattit aux côtés du précurseur Francisco de Miranda. Il embarqua pour Curaçao (août 1812) et atteignit la Nouvelle-Grenade (actuelle Colombie) où il s'enrôla dans l'armée révolutionnaire de Carthagène avec l'idée de libérer son pays depuis le territoire néo-grenadin. En 1813 la municipalité de Caracas lui décerna le titre de "Libertador" (Libérateur). En 1815, il lui fallut s'exiler à la Jamaïque, où il subirait la faim et d'autres pénuries et écrirait la fameuse Lettre de Jamaïque (Kingston 6 septembre 1815), un document considéré comme l'une des plus importantes manifestations de son génie politique.
Sa stratégie consistait à libérer d'abord la Nouvelle-Grenade, pour ensuite emporter le Venezuela et poursuivre jusqu'à Quito puis Lima, un plan passé à l'histoire sous le nom de Campagne Libératrice. Après de nombreuses batailles, il obtint le triomphe de Boyaca (7 août 1819) et avec ceci le prestige militaire qui conduisit Pablo Morillo, le général espagnol qui avait reconquis toute la région en 1815, à écrire en Espagne une fois la défaite connue: «Bolívar réduit en un seul jour le fruit de cinq années de campagne, et en une seule bataille il reconquiert ce que les troupes du roi gagnèrent à travers de nombreux combats». Cette même année le congrès d'Angostura (actuelle Ciudad Bolívar au Venezuela) adopta le Loi de la République (17 décembre 1819) qui créait la République de Colombie, composée de trois départements: le Venezuela, Cundinamarca (nom du territoire entourant Bogota) et Quito. Bolívar en fut nommé par la même occasion premier président.
Deux ans plus tard (le 27 novembre 1821) il s'entretint avec le "Pacificateur" Morillo à Santa Ana, et signa avec lui l'armistice censé régulariser la guerre. Le 26 juin 1822, à Guayaquil, eut lieu sa première entrevue avec José de San Martín, le libérateur du Sud. Il avait connu le 16 juin à Quito Manuela Sáenz, qui devint dès lors sa compagne. Conformément aux plans, la campagne libératrice poursuivit sa route vers le sud, Bolívar en tête, et culmina avec les victoires de Junin et d'Ayacucho. En juin 1826, Bolívar convoqua le congrès de Panama, cette fois-ci avec l'idée d'unifier toute l'Amérique hispanique. La même année il rédigea la constitution bolivienne, comme le lui avaient demandé les élites de la république née avec son nom.
Le 25 septembre 1828, il fut victime à Bogota d'un attentat contre sa vie, connu comme "Conspiration de Septembre" et duquel il se sortit indemne grâce à l'aide de son immense amour Manuela Sáenz. A cette époque de nombreuses oppositions s'étaient élevées contre lui, on l'appelait «traître», «tyran» et on l'accusait de vouloir se maintenir éternellement au pouvoir. Sa patrie vénézuélienne lui interdit même de franchir ses démarcations. Dans une telle ambiance, il remit le pouvoir au général néo-grenadin Domingo Caicedo en mars 1830, partit s'installer à la Quinta de Fucha, présenta sa démission (27 avril 1830) vendit toutes ses possessions et réunit 17 000 pesos en vue de se rendre à Carthagène avec l'intention d'embarquer pour l'Europe. Quand il eut annoncé son voyage -raconte Ruiz Rivas- « les étudiants se mirent en tête de l'agresser physiquement. Deux cents jeunes gens du Collège de San Bartolomé pénétrèrent dans l'enceinte de la Cour Suprême et s'acharnèrent sur son portrait, accroché dans une des salles. Ils hurlaient qu'il fallait empêcher le voyage du général, parce qu'il manigançait quelque chose contre la liberté. Le gouvernement disposa que les grenadiers devraient protéger la maison. Le propre vice-président Caicedo, avec d'autres personnalités, dut y dormir en compagnie du Libertador, car ils redoutaient un incident.» Il partit le 8 mai en direction de la côte, et le premier décembre il arriva à Santa Marta et se dirigea vers la Quinta de San Pedro Alejandrino, le 9 il dicta son testament politique et le 17 il expira, «l'année même de la désintégration de la Grande Colombie, son rêve politique».*
B.G Y M. S
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