DE DAMOCLES ET D'AUTRES LAMES EN SUSPENS
Notes servant à l'histoire de l'épée de Bolívar dans la collection de la Maison-Musée Quinta de Bolívar
Par Cristina Lleras, Daniel Castro et Manuel Francisco Carreño.
Traduction : Yvain Guerrero
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INTRODUCTION
L'épée, selon sa définition par le dictionnaire de l'Académie Royale de la Langue (Espagne), tire son origine étymologique du latin spada, qui provient lui-même du grec spaoh. Dans sa première acceptation elle est décrite comme une arme blanche, longue, droite, pointue et coupante, avec garde et poignée. L'origine latine du terme et sa définition même nous rappellent à l'histoire de Damoclès, né en 370 avant JC (?) et qui passa à l'histoire en tant que courtisan de Denys le Vieux, tyran de Syracuse. Selon la légende, contée par les auteurs romains Horace et Cicéron, Damoclès discuta un jour avec son souverain de la grandeur et du bonheur de ses vassaux, desquels il faisait partie. Soudain, après cette discussion, Denys invita son courtisan à un grand banquet durant lequel Damoclès fit l'objet de nombreuses attentions, jusqu'à ce qu'il se rendît compte de ce que juste au-dessus de sa tête était suspendue une épée bien effilée, que ne retenait qu'un mince crin de cheval. De cette façon, Denys fit comprendre à Damoclès que même dans les moments les plus heureux, des éléments adverses peuvent surgir dans la vie d'un homme. De même que la lanterne de Diogène recherche les hommes justes, l'acier suspendu au-dessus de la tête de Damoclès signale à son tour la fragilité, le risque et l'incertitude qui sont des éléments également constitutifs du devenir humain.

Cet essai de chronique pour l'un des objets les plus importants de l'histoire de la Colombie est également marqué par le sort de Damoclès.
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LA POIGNEE COMME ANTECEDANT
Par Cristina Lleras Figueroa.
Brève histoire de l'épée.
[1]

Les armes les plus anciennes furent fabriquées en pierre, bois et os. Le développement des techniques de l'orfèvrerie en Mésopotamie date approximativement de 3500 av. JC et permit la fabrication d'armes blanches, donnant naissance à l'épée. Les avancées dans la composition des alliages, qui se soldèrent par la production du bronze, et ensuite le travail du fer, autorisèrent la fabrication d'épée à lame longue et des améliorations dans le travail artistique qui permirent l'incorporation de la poignée et de la garde. A mesure que se perfectionnait la fabrication, on en vint à la considérer comme une expression artistique et apparurent des ornementations plus élaborées. Les XIII et XIVè siècles furent les plus importants dans l'évolution de l'armurerie; la couverture des poignées et des manches commença à recevoir des gravures recherchées et on y incrusta des pierres précieuses. Durant les XV et XVIème siècles, son usage s'étendit dans les corps d'infanterie européens, au moment où apparurent l'épée de cavalerie à lame longue ainsi que le sabre qui survivrait jusqu'à la Première Guerre Mondiale. Les méthodes et les besoins de la guerre moderne ont fait de l'épée une arme obsolète, qui ne sert plus qu'à accompagner les uniformes de gala de militaires et de diplomates, et qui n'intéresse plus que les collectionneurs et les musées.

L'épée comme un symbole de grandeur.

L'épée est une arme personnelle, utilisée dans le combat d'une personne contre une autre. En tant que telle elle est considérée comme un objet distinctif de son propriétaire. Les épées des dirigeants politiques et des chefs militaires, des nobles et des chevaliers, étaient fréquemment ornées et leurs poignées élégamment décorées. L'avantage des épées de nos jours est qu'elles permettent à leurs propriétaires d'entrer en contact avec l'histoire. Aujourd'hui, on vend sur Internet des copies d'épées historiques avec la promesse de ce qu'en en acquérant une, le propriétaire peut s'intégrer à l'histoire qui en fit un symbole de grandeur.

Cependant, toutes n'étaient pas conçues pour le combat. Nombreuses étaient celles que l'on considérait comme des oeuvres d'art, à la réalisation desquelles participaient plusieurs artisans, dont des bijoutiers et graveurs. Elles se voulaient séduisantes par leur forme et leur conception.
L'épée de contact fut fabriquée exclusivement en vue des cérémonies officielles. «Un porteur d'armes transportait une épée dégainée, la pointe vers le haut, comme un témoignage du pouvoir et du prestige du gouvernant derrière lequel il s'avançait». Elle s'utilise encore dans certains pays et lors de cérémonies solennelles. L'épée de couronnement symbolisait l'autorité du monarque. La plus fameuse était celle que portait Charlemagne lors de son couronnement comme empereur du Saint Empire Romain-Germanique en 800. Les épées papales étaient utilisées par les pontifes en symbole de respect et d'admiration en vue d'honorer les chefs militaires considérés comme "défenseurs de la foi". Les épées-présents étaient offertes aux sujets d'un royaume qui s'étaient attiré la reconnaissance par leurs talents militaires ou leurs services politiques. L'épée a aussi été utilisée comme objet destiné à exiger le respect. Pour combattre les préjugés affectant une femme gouvernante, la reine Elizabeth I d'Angleterre se présentait au parlement en armure et avec son épée d'Etat.

 

 

EXISTENCE PROPRE

L'épée se distingue des autres armes en ce qu'elle peut mener une vie propre, distincte de celle de son propriétaire. Dans l'archipel indonésien, l'activité militaire fut considérable à une époque et l'on développa de nombreuses armes de poing. Au XIVè siècle apparut le Cris, une dague dont la tradition affirmait qu'elle pouvait parfois se retrouver dotée d'une âme.

Dans la mythologie et la littérature il existe de nombreux exemples d'épées dotées de pouvoirs surnaturels. Elles appartenaient à des héros et des chevaliers dont l'épée et le destrier étaient les biens les plus précieux, et il était de coutume de leur donner un nom. Parmi les plus fameuses se trouvent Tizona, épée du Cid et Excalibur, celle du roi Arthur, peut-être la plus célèbre de toutes.
La légende du roi Arthur d'Angleterre apparut pour la première fois au Vè ou au VIè siècle. Arthur apporta la paix à son pays en en expulsant les Saxons et d'autres envahisseurs, il instaura le règne de la justice, de la loi et de la morale. Arthur était fils de roi, mais il fut élevé comme un sujet absolument normal jusqu'à ce qu'il remportât, presque par hasard, l'épreuve inventée en vue de choisir un héritier au trône: Arthur retira une épée enferrée dans une pierre ou une enclume. Afin de l'aider dans sa tâche consistant à unir l'Angleterre, une main mystérieusement sortie d'un lac lui tendit une grande épée, Excalibur. Afin de vaincre ses ennemis, Arthur mena à bien une série de conquêtes, invasions et guerres. Après cela, l'Angleterre jouit d'une période de prospérité. Un enchaînement d'événements tragiques le conduisit à la mort, non sans qu'il eût préalablement ordonné qu'Excalibur fût retournée au fond du lac. Certaines versions de la légende promettent qu'Arthur reviendra en Angleterre quand le pays aura besoin de subjuguer ses ennemis et retrouver la sécurité.

Simón Bolívar

Le roi Arthur est un personnage qui, bien que non entièrement inventé, ne peut pas non plus prétendre au statut de figure historique. Ses caractéristiques en tant que dirigeant sont révélatrices des aspirations d'un peuple à créer, même en imagination, un chef réunissant toutes les qualités nécessaires à la consécution pour lui de la paix et de la justice. Le parallèle avec le Libertador Simón Bolívar est surprenant. Même en laissant de côté les diverses opinions pouvant exister à son sujet, on ne peut ignorer que ce personnage historique, selon un processus inverse à celui subi par le roi Arthur, est devenu une légende. Dans sa personne furent déposés les espoirs de prospérité de plusieurs nations latino-américaines, et aujourd'hui encore on s sert de son nom pour invoquer le règne espéré de la justice, de la loi et de la morale.

Bolívar voulut aussi créer une grande nation, non point à partir de l'expulsion des envahisseurs mais en unissant plusieurs peuples. Le grand souci de Bolívar, présent dès les débuts de son activité politico-militaire, devint évident avec la fin de la Campagne du Sud et la création des cinq pays bolivariens et la rédaction par lui-même de la constitution controversée de la Bolivie. Cependant, au début de la campagne il avait exprimé son inquiétude devant l'incertitude de la transition entre la guerre et la paix:

Comment, après avoir rompu toutes les entraves de notre ancienne oppression, pouvons-nous accomplir l’œuvre merveilleuse d'éviter que les reliques de nos fers rigides ne se changent en armes liberticides?

L'image de Bolívar comme Libertador est indissociable de celle de l'arme avec laquelle on le représente normalement. L'épée acquiert une existence propre en tant que symbole de la victoire. La fin de la guerre est symbolisée par la remise des armes du vaincu au vainqueur. Les «fers rigides» ne sont rien de plus que les armes qui furent utilisées pendant les guerres d'indépendance. Mais comment s'en défaire? Remettre une épée est une forme de défaite, et sa destruction est une dégradation. Mais l'offrir en geste d'affection est en faire un trophée et un honneur pour celui qui la reçoit, en plus d'être un geste pacifique de la part de qui l'offre.

Le Libertador posséda de nombreuses épées, et avait coutume de les offrir à ses amis et collaborateurs les plus proches. Il reçut aussi un grand nombre d'armes blanches en hommage à ses qualités d'homme d'Etat et de militaire. Par exemple, le gouvernement péruvien lui remit, en 1825, une épée conservée aujourd'hui à la Banque Centrale du Venezuela; le maréchal Sucre lui fit cadeau d'une dague florentine, conservée dans les collections de la Quinta de Bolívar et différente de l'épée déjà mythique que vola le groupe subversif M-19 en 1974.

L'épée à double-tranchant

Le général Páez, Jefe Superior de Venezuela et l'un des participants les plus importants de la Campagne Libératrice, exprima dans une lette à Bolívar, à la fin 1825, la frustration qu'il ressentait face à la situation d'instabilité et de violence vécue par son pays, situation aggravée par la tension entre militaires et civils. De ses propos perçait en sus, le mécontentement généralement ressenti devant la faible participation des Vénézuéliens au gouvernement de ce que l'on a appelé la "Grande Colombie". A tort ou à raison, les Vénézuéliens croyaient que les Néo-Grenadins s'appropriaient tous les bénéfices de l'intégration. Páez écrit: «Notre armée n'existera bientôt plus si l'on n'agit pas contre les causes réelles de son mécontentement, et je suis tout à fait sûr que, en cas de guerre, les personnages lettrés et commerçants appelleront comme toujours à prendre la fuite, ou s'entendront avec les ennemis, et les pauvres militaires s'en iront recevoir de nouveaux tirs afin de fournir encore des emplois et la fortune à ceux qui en ce moment les insultent». Etant donné sa conviction de ce que la force ne devait pas prévaloir sur le droit, Bolívar ne suivit point les recommandations de son subordonné.

Les mots de Páez ne surprennent pas si l'on sait que l'année suivante, il serait accusé d'avoir ordonné des recrutements forcés dans les rues de Caracas. Le Congrès le convoqua à Santa Fe en vue d'y instruire son procès. Un ordre auquel Páez répondit par la rébellion. Au vu de la situation, Bolívar revint du Pérou et se rendit au Venezuela où il rétablit l'ordre et concéda le pardon à Páez et à ses partisans.

Bolívar et Páez se rencontrèrent sur le chemin à Valencia en entrèrent à Caracas en janvier 1827. Cette rencontre, voulue par le Libertador, fut marquée par le cadeau qu'il fit à Páez d'une épée en symbole d'amitié et en vue de limer les aspérités auxquelles son comportement avait donné lieu. Le général et président de la République Tomás Cipriano de Mosquera écrirait plus tard: «... avec combien de félonie s'était conduit Páez en proposant de façon occulte et sinistre la séparation du Venezuela, faisant montre envers le Libertador d'une déférence qu'il n'avait jamais ressentie, et contredisant par les faits ses discours et ses protestations de foi en faveur de Bolívar lorsque celui-ci l'eut sauvé en 1826 et l'honora, entre autres choses, par le présent d'une épée que Páez reçut avec ces mots dignes d'être rappelés: L'épée rédemptrice des humains! Entre mes mains, elle ne sera jamais autre chose que l'épée de Bolívar: sa volonté la dirigera, mon bras la portera. Je périrai cent fois, et mon sang disparaîtra, avant que je ne lâche cette épée et entreprenne jamais de verser le sang que jusqu'à maintenant elle a libéré. Concitoyens: l'épée de Bolívar se trouve entre mes mains; pour vous et pour lui j'irai avec elle jusqu'à l'éternité.» Peu de temps après, Páez dirigerait la séparation du Venezuela du reste de la Colombie, et, en fin de compte, la dissolution de la grande Colombie.

Epées historiques

Dans l'édition spéciale du Papel Periódico Ilustrado que réalisa Alberto Urdaneta lors du centenaire de la naissance de Simón Bolívar, le 24 juillet 1883, on décrit deux épées qui appartinrent au Libertador.

Le première est une épée de campagne, dont il fit cadeau à Rafael Arboleda en 1822, accompagnée de la lettre suivante:

Japio, 29 décembre 1829.

Cher ami; Vous avez émis le souhait de disposer d'un document certifiant que l'épée de laquelle je me servis dans la campagne du Sud de la Colombie en 1822 est la même que j'eus le plaisir de vous présenter comme un gage de mon estime et de ma sincère amitié, à Guayaquil, lorsque j'entrai dans cette ville au mois d'août 1822. Et désirant moi-même vous laisser un nouveau témoignage de toute ma considération et de mon respect, j'espère que vous en recevrez l'expression avec toute l'affection que vous professe votre serviteur et ami, Bolívar.

Rafael Arboleda (don José Rafael Arboleda y Arroyo) était né à Popayan le 19 novembre 1795. Bien qu'il vînt d'une province reconnue pour son attachement au roi d'Espagne, il prit parti pour les Républicains qu'il soutint avec d'importants dons financiers. Après le triomphe de Bolívar, dont il était un ami très proche, celui-ci le nomma secrétaire de la légation envoyée dans les Républiques du Pacifique sous la direction de Joaquín Mosquera, et à son retour il devint sénateur de sa province natale du Cauca dans le Congrès de 1827, où il se distingua par son éloquence. Il fut le père du général Julio Arboleda. Il décéda en 1831.
Il offrit la seconde, un sabre de cavalerie, au général vénézuélien Rafael Urdaneta, qui à son tout en fit cadeau à son cousin Francisco Urdaneta. Le sabre a eu une vie intéressante, puisqu'il appartint au frère d'Alberto Urdaneta, Carlos María, avant de retourner au Venezuela. Un portrait du général Francisco Urdaneta, daté de 1822 et conservé au Musée National de Colombie montre que l'épée décrite dans le Papel Periódico se trouvait déjà en sa possession à ce moment-là, ce qui ne concorde pas complètement avec les informations dont on dispose sur la date du présent.

Le général Rafael Urdaneta est un personnage complexe et controversé à l'image du général Páez. Il naquit à Maracaibo en 1788, mais vint à Santa Fe de Bogota en 1804 à l'invitation de son oncle Martín de Urdaneta y Troconis. Le 20 juillet 1810 il adhéra au mouvement révolutionnaire et soutint, lors de la première guerre civile, le parti fédéraliste. En 1813 il est un des officiels envoyés par le gouvernement de l'Union pour servir sous le commandement de Simón Bolívar et il réalise avec celui-ci la Campagne Admirable qui se solde par la première libération du Venezuela. Il passe sous les ordres de José Antonio Páez en 1816, mais retourne auprès de Bolívar en 1817. Il participe à la campagne du Centre et à plusieurs opérations au Venezuela. De retour en Nouvelle-Grenade en 1819, Bolívar ne nomme commandant de la Garde d'Honneur suite au décès de José Antonio Anzoátegui. Cette proximité entre le Libertador et lui se traduisit par des gestes de Bolívar qui «préoccupé par le sort du général Urdaneta, lui offre en deux occasions la moitié de sa fortune....» Pour sa part, Urdaneta écrit à Bolívar en 1813: «Général, s'il suffit de deux hommes pour émanciper la patrie, je suis prêt à vous accompagner.»
On se souvient d'Urdaneta en Colombie pour son usurpation de la présidence avec le titre de "provisoirement chargé du pouvoir exécutif", le 5 septembre 1830, dictature qui ne dura pas longtemps. Mais l'amitié qu'il entretint avec Bolívar dura jusqu'à la mort du Libertador et d'ailleurs, il joua un rôle de premier plan pendant les cérémonies de transfert des cendres du Libertador au Venezuela en 1842, en tant que président de la Société Bolivarienne de ce pays.

NOTAS

[1] L’information sur l’histoire de l’épée provient de deux sources:
Sword, Microsoft Encarta Enciclopedia 2000. 1993-1999 Microsoft Corporation. Alla rights reserved.
Gerald Weland. Espadas, dagas y sables. Londres, Quintet Publishing Limited, 1998.
[2] Simón Bolívar au congrès d’Angostura, 15 février 1819. In Así pensaba Bolívar. Ocativio Arizmendi et Carlos Gómez Botero. Bogota, Planeta Colombiana Editorial, 2000, p. 125.
[3] David Bushnell. The making of modern Colombia. California, Thhe university of California, 1993, p. 61.
[4] Agusto Mijares. El Libertador. Caracas, Ediciones de la presidencia de la República, 1987, p. 498.
[5] Memoria sobre la vida del general Simón Bolívar. Bogota, Imprenta Nacional, 1954, p. 652.
Le premier portrait de Páez que l’on retrouve dans une étude sur son iconographie fut exécuté en 1828 par sir Robert Ker Porter, consul du Royaume-Uni à caracas. Aquarelle sur papier bristol de laquelle il existe une réplique. Alfredo Boulton dit: «... cette image a le mérite de nous présenter un Páez juvénile, portant peut-êrte l’épée qu’en 1827, lui avait offerte le Libertador». In 20 retratos del general José Antonio Páez. Caracas, Ediciones de la Presidencia de la República, 1973, p. 21.
[6] Groupe de recherches généalogiques José María Restrepo Sáenz. Genealogías de Santa Fe de Bogotá. Bogota, Editorial Presencia, 1991, p. 107.
[7] Selon le livre Biografía del general Rafael Urdaneta, de Carlos Arbeláez Urdaneta (Maracaibo, Ejecutivo del Estado Zulia, 1945), «Le général Rafael Urdaneta professa toujours une grande affection pour son cousin le général Francisco de Urdaneta Rivadavia et en fit la preuve en lui offrant l’épée que lui avait offerte le Libertador et que celui-ci avait usée dans les campagnes de l’Indépendance. A la mort du général Francisco de Urdaneta Rivadavia, elle passa entre les Mains de sa fille Adelaida, laquelle épousa son parent don José María de Urdaneta, qui fit cadeau de l’épée à son fils le général Carlos Urdaneta qui la donna en 1888 au général Eleazar Urdaneta, fils du général Rafael Urdaneta car il le considérait plus qualifié que lui pour pouvoir disposer d’un si précieux souvenir de son père. Cette épée avec fourreau de cuir et garde de cuivre fut fabriquée à Paris par MARTIN, Fabt d’Armes Blanches au N°50 de la rue Beaubourg. Le Libertador l’avait offerte au général Rafael Urdnaeta à son retour de la campagne du Pérou, et lui-même l’avait reçue de l’amiral Brion un peu avant la bataille de Carabobo, au Venezuela. Le Libertador en fit usage durant la campagne du Venezuela, puis l’emporta au Pérou. Les enfants du général Eleazar Urdaneta détiennent toujours cette précieuse relique.»
[8] Les informations biographiques sur Rafael Urdaneta proviennent du Diccionario de historia de Venezuela. Fundación Polar, Caracas, Editorial Ex Libris, 1988.
[9]Agusto Mijares. El Libertador. Op. Cit., p. 20
[10] Ibid. pág. 243.


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